2018 | Parallèles

Création 2018

sans titre - Jean Guizerix, 2015

sans titre – Jean Guizerix, 2015

Chorégraphie, textes, scénographie : Raphaël Cottin
Interprétation : Raphaël Cottin & Jean Guizerix
Lumières : Catherine Noden
Costumes : Catherine Garnier

Partenariats en cours : Ballet de l’Opéra national du Rhin – Centre chorégraphique national de Mulhouse, Centre chorégraphique national de Tours – direction Thomas Lebrun.

La Poétique des Signes est subventionnée par la DRAC Centre Val-de-Loire au titre de l’aide à la structuration.

Note d’intention

Parallèles est un duo interprété par deux danseurs : Raphaël Cottin, né en 1979, et Jean Guizerix, né en 1945.

Cette écriture partagée n’oppose pas deux générations mais envisage plutôt de soumettre à deux personnes un même chemin, des notions si fines en danse que celles du phrasé ou de l’amplitude.

Cette danse est pensée comme un jeu de construction, distribuant le mouvement entre les deux interprètes de manière à créer une troisième partition faite d’unissons, d’attentes, de glissements et de décalages ; une matière chorégraphique commune à la source du contrepoint.

Chorégraphie mobile…

Un espace différent, une contrainte de temps ou un autre concours de circonstances pourront donner naissance à une chorégraphie adaptée, changeante. Certaines musiques pourraient donc changer, tout comme la lumière ou les rapports d’espace entre les danseurs, laissant à la matière chorégraphique la place d’honneur de ce projet.

Pour des raisons pratiques de diffusions, ces adaptations potentielles – mais pas obligatoires – sont envisagées à partir d’une fiche technique de base.

Pourquoi Parallèles?

Parallèles est un écho au premier ouvrage de Wilfride Piollet et Jean Guizerix, Parallèle, paru en 1986, témoignage d’un couple d’étoiles entrant dans la modernité de leur époque, explorant et aimant la danse au-delà de ses positions, parallèles ou en-dehors…

Parallèles est une invitation au voyage entre ces deux titres (celui des années 1980 et celui d’aujourd’hui) où flotte le travail et la curiosité, mais aussi les recherches de Wilfride Piollet, étoile d’amour de Jean Guizerix disparue en 2015, dont l’esprit vif et persévérant a questionné sans cesse l’entraînement du danseur.

Parallèles est simplement le reflet chorégraphique d’un chemin de plus de 25 ans d’amitié.

Le jardin de Wilfride Piollet

Jean Guizerix & Wilfride Piollet © Francette Levieux

Jean Guizerix & Wilfride Piollet © Francette Levieux

«J’ai rencontré Jean Guizerix en tant que professeur d’adage, le pas de deux classique, à mon entrée au Conservatoire national supérieur de musique et de danse de Paris en 1992. Wilfride Piollet assurait quant à elle des cours qualifiés «d’interprétation» en 1995.

Un jour de mes premières années d’études, je les observais tous les deux à travers le hublot d’un studio, occupés à s’entraîner à la manière de Wilfride, cette méthode qui était en train de devenir les «Barres flexibles». Je frappe, j’entre et je leur demande si je peux venir m’entraîner avec eux.

C’est Wilfride, amusée, qui me rappellera cette anecdote bien des années plus tard.

Par la suite, j’ai pu profiter de l’enseignement de Wilfride au Conservatoire de manière plus ou moins officielle (parfois caché dans l’angle mort d’un studio, à l’abri des regards des surveillants, pour suivre une classe technique qui n’était pas inscrite dans mon cursus…). Ses classes dispensées à l’extérieur, au Centre national de la danse ou dans leur studio L’Aire à Poissy, m’ont permis de bénéficier de sa pédagogie pendant une dizaine d’années encore, puis de manière plus épisodique en fonction de mes activités professionnelles.

Toujours, Jean était présent, comme « élève » de Wilfride, comme poète, comme danseur. Toujours, leur amitié et leur accompagnement passionné ont nourri mon entraînement, mon envie de danser, ma ténacité.

C’est d’ailleurs Wilfride qui m’incita à réintégrer le Conservatoire de Paris en 2006 pour y suivre la formation en écriture du mouvement Laban dispensée par Noëlle Simonet, formation qui a littéralement bouleversée mon parcours en y ouvrant une merveilleuse boîte à outils!

Wilfride est devenue en 1999 la première présidente de ma compagnie. Je suis devenu le premier trésorier de leur association «Clef de sole», puis ces dernières années une oreille attentive aux derniers travaux de Wilfride, notamment à l’occasion de la rédaction de son dernier ouvrage : Synthèse des Barres flexibles.

En 2005-2006, Jean m’a transmis un solo, Oiseau triste, qu’il avait créé au Théâtre des Champs-Élysées en 1972 avec le pianiste Georges Pludermacher et que j’interprétai la première fois lors d’un récital de la soprano Patricia Petibon, accompagnée par la pianiste Susan Manoff.

Depuis, le désir de danser avec Jean n’a cessé de germer.

Cette envie, comme une veille dans ma vie de danseur, se manifeste de manière plus forte depuis la disparition de Wilfride en 2015.

Parallèles s’annonce donc comme la concrétisation de ce désir de danser ensemble, comme un simple moment de partage poétique où se rencontrent en même temps nos deux singularités et nos intuitions en mouvements, mon vocabulaire chorégraphique et celui, pédagogique et inspirant, de Wilfride Piollet. Le jardin, chez elle, c’est l’ailleurs, la projection hors de sa «maison»…

Parallèles est un sorte de boucle vers le Jean «professeur d’adage», qui me transmit dans ses classes bienveillantes l’amour de danser à deux.»

Raphaël Cottin