Buffet à vif !

Tu l’as dit buffet !

Libération — Anne Diatkine

1er juillet 2016

À la Bastille, Pierre Meunier et Raphaël Cottin démembrent avec tendresse un vieux meuble et ses souvenirs. […]

Lorsque le buffet est anéanti, une pancarte est placée, côté jardin. «Sentez-vous libre de circuler.» Est-ce à nous qu’il s’adresse? Et quelque chose de passionant advient. À partir de quel moment se met-on à accepter une autorisation qui contrevient à notre place de spectateur?

Des gens étranges, sur scène, semblent être, toujours silencieusement, dans un processus de classement de bouts de bois. À moins que ce ne soit une sculpture. Des enfants grimpent sur le plateau. Peu à peu, des spectateurs se lévent de leur siège et participent à cette nouvelle oeuvre d’art collective. Icic, il n’y a pas de fin programmée. On se demande même si Pierre Meunier, le danseur Raphaël Cottin et Marguerite Bordat reviendront saluer. […]


Deux fous furieux font du petit bois au Théâtre de la Bastille

Le Monde — Rosita Boisseau

21 juin 2016

[…] Buffet à vif ressemble à une pochette-surprise, avec odeur de pétard en prime. La démesure jamais irrationnelle de cette performance a aussi la saveur d’une folle leçon sur l’humanité et ses efforts pour exister. Piloté par deux clowns que tout oppose et rassemble évidemment, ce théâtre de la destruction et de l’effondrement, féroce et gratuit, mais heureusement joyeux — car ça fait du bien de casser parfois! —, accomplit à sa façon un étonnant cycle de vie.

Et c’est une belle idée de nos duettistes que de s’adjoindre une complice, Marguerite Bordat, pour réparer les dégâts. La négociation, évidemment fragile, ouvre un autre chantier plus proche de l’ébénisterie et de l’archéologie. Car rien de se perd et tout prend sens. Aussi définitif et délirant soit le massacre, il finit par faire couche et strate dans la mémoire. Un buffet, du petit bois et voilà ce qu’il en reste.


Buffet à Vif

La Voix du Nord – annonce

4 juin 2015

Buffet à vif. Avec leur chemise-cravate, Pierre Meunier et Raphaël Cottin figurent de piètres déménageurs. D’ailleurs, ils n’envisagent nullement de déplacer le massif buffet qui leur fait face, appliqués qu’ils sont à le désosser en règle, en héritiers burlesques de Chaplin.


SUJETS À VIF 14

Bella, le blog du portail des auteurs et des écritures – Sylvia Botella

août 2014

Buffet à vif de l’acteur-metteur en scène Pierre Meunier et de l’interprète-chorégraphe Raphaël Cottin s’ancre dans un burlesque torve, sans cesse menacé par le fracas imprévisible et le mauvais genre des jingles façon radio Nostalgie. Il a la force prodigieuse de la comédie de l’exploit, troublée par une lourde angoisse, celle du buffet (plutôt laid) à abattre à grands coups de masse, qui se rebiffe, craque, tonne. Nous rions. Mais c’est forcément le hors-champ qui fascine : celui de la mémoire intrusive. Dans l’amère explosion, elle subsiste encore dans les éclats pour appartenir de nouveau à notre monde, à notre temps.